Avis CSE de décembre 2021   Recueil d’avis sur le projet Hermès

25 Déc 2021

Recueil d’avis sur le projet HERMES 

Perform 175

CSE de Décembre 2021

 

Recueil d’avis sur le Projet de regroupement des activités d’édition logicielle Retail d’i-BP, d’IT-CE, de la DSI SEF, de la DSI MAP, de la DSI MNV et des Activités transverses Retail de Natixis au sein de la nouvelle structure BPCE Solutions Informatiques »

Le CSE d’ITCE est aujourd’hui consulté sur le projet Hermès « Projet de regroupement des activités d’édition logicielle retail d’i-BP, d’IT-CE, de la DSI SEF, de la DSI MAP, de la DSI MNV et des Activités transverses Retail de Natixis, au sein de la nouvelle structure BPCE Solutions Informatiques ».

Pour favoriser la constitution d’un avis éclairé sur les motifs et impacts de cette réorganisation, les représentants élus ont souhaité se faire accompagner d’un expert dont le rapport, présenté en réunion ce jour, a mis en lumière plusieurs problématiques associées au projet. Dans le présent avis, les représentants du personnel au CSE vont aborder un à un l’ensemble de ces sujets.

Tout d’abord, ce rapport met en évidence que les managers, les salariés et les experts, comme les représentants du personnel, pensent que ce projet n’est qu’une première étape vers une réorganisation plus conséquente, qui n’est pas encore présentée ni même abordée par la Direction. Cette situation créée une tension au sein de l’entreprise, puisque d’un côté la Direction communique largement sur ce projet en insistant sur le fait que rien ne va changer et que les conditions de travail ne seront pas modifiées, alors que de l’autre côté les salariés pensent que les véritables enjeux et modalités de la réorganisation leur sont dissimulés.

L’enquête montre que 42 % des salariés pensent que le projet pourrait détériorer leur situation professionnelle.

Concernant le design de la future organisation :

− Le rapport d’expertise indique que l’application de l’article L 1224-1 aboutit à la juxtaposition des structures des entités qui rejoignent BPCE SI. Ceci génère plusieurs incohérences au niveau des pôles « Client », « Excellence opérationnelle » et « Services bancaires » qui pourraient compliquer le fonctionnement de BPCE SI.

− Les représentants du personnel s’interrogent sur la pertinence de l’intégration des DSI SEF et Assurances dans BPCE SI : o L’IT Retail est centralisée au sein d’une même entité, mais les métiers Assurances et SEF continuent de disposer de leurs plateformes dédiées.

Plusieurs points restent en suspens pour savoir si, d’un point de vue opérationnel, la solution tendra quand même vers la convergence (avec des budgets en partie unifiés, une participation des Assurances et de SEF aux pôles transverses, etc.) ou pérennisera le fonctionnement par plateformes en partie autonomes. Et donc finalement si Hermès, s’agissant de l’Assurance et SEF ne serait pas plus un choix de principe (voire politique) qu’une solution opérationnelle

 Concernant les économies réalisées par le projet Hermès, et qui représenteraient 235 ETP, les représentants du personnel souhaiteraient savoir comment ces gains seront reventilés ? Quelles conséquences, à terme, pour les effectifs de BPCE SI ? À noter que ces économies sont remises en cause par le surcoût de la TVA lié à l’intégration des DSI Assurances (15,7 M€). Qui va porter ce surcoût ? Quelles conséquences pour les salariés BPCE SI en lien avec les transferts d’activités vers Porto d’ores et déjà à l’étude, quid de la formation COBOL natif et potentiellement la plateforme Data ?

Concernant la bonne application de l’article 1224-1, les représentants du personnel conservent un doute fort sur le risque juridique que le transfert des moyens et des contrats clients, 1 an après le transfert des salariés, fait peser sur le projet et par conséquent sur les salariés. Ils regrettent de plus les délais irréalistes dans lesquels sont menées les concertations préparant le transfert des salariés (délais qui auraient pu être rallongés en cas de transfert des salariés en même temps que les moyens matériels et immatériels de l’entreprise). Et ce, d’autant plus que les sujets à aborder pour reconstruire le futur socle social sont très nombreux et complexes dans ce contexte imposé.

Nous n’avons, par exemple, toujours pas de réponses formelles sur des éléments importants, notamment sur la garantie du niveau d’intéressement.

Une fois de plus, la Direction impose ce projet à marche forcée, dans l’urgence, sans réelle co-construction en n’intégrant ni les élus ni l’ensemble des salariés des entités concernées, sans aucune transparence quant aux chantiers en cours et quant au choix des salariés embarqués.

Sur le sujet des conditions de travail, les représentants élus au CSE insistent sur le fait que 457 salariés (hors IT-CE et I-BP) rejoignent la future entité BPCE SI sans leurs fonctions support. Ils notent que la Direction s’est engagée à doter, si nécessaire, les services support de ressources complémentaires pendant la phase de transition ainsi qu’une fois l’organisation stabilisée si la charge s’avérait pérenne. Ils souhaitent que leur soit communiqué un suivi :

  • de la charge de travail de ses fonctions
  • et des ressources supplémentaires allouées. Les élus souhaitent que la Direction prenne conscience de l’impact conséquent de ce projet sur la ligne managériale et notamment la trentaine de directeurs managers qui deviendront adjoints, sans l’avoir souhaité.

Les effets négatifs, de ce reclassement imposé, sur leur santé psychique, et/ou leur possible départ de l’entreprise, risquent d’impacter l’ensemble des salariés. Les tensions et/ou la désorganisation au sein de la ligne managériale ont des répercussions sur les salariés, comme le montre les résultats de l’enquête pour la DSM Clients particuliers. En conséquence, les représentants du personnel demandent que les managers adjoints obtiennent des garanties claires et précises sur leurs futures attributions

Enfin, les représentants du personnel, s’appuyant sur les résultats de l’enquête, insistent sur le fait que la réalisation de projets communs et la participation aux chapitres représentent une source de stress non négligeable pour les salariés, tout comme la dégradation pressentie du socle social. Si la création de BPCE SI devrait permettre de faire diminuer partiellement ces tensions, les représentants insistent sur le fait que l’augmentation de la charge de travail, liée aux projets communs et aux chapitres, doit être prise en compte. 18 mois de surcharges importantes liées :

  • à la mise en place de l’organisation en mode produit et de la méthode agile à l’échelle,
  • en parallèle, le projet stratégique Pléiade qui pourrait conduire à transférer des activités support vers des centres de services partagés induisent de fortes inquiétudes quant aux salariés concernés.

Les salariés sont en tension et ont besoin :

  • que leurs ressources soient augmentées (moyens humains et matériels supplémentaires, clarté des décisions, arrêt de la multiplication des outils…)
  • que les contraintes soient diminuées (diminution des reportings…) et que les rythmes des transformations soient ralentis.

Les membres du CSE sont conscients qu’une entreprise doit évoluer, mais au vu de nombreux éléments négatifs et interrogations restées sans réponses mis en exergue par le rapport d’expertise, nous donnons un avis défavorable et demandons un report d’un an quant au transfert des salariés, simultanément au transfert des moyens et des contrats clients.

Ce délai permettrait de prendre le temps, sans précipitation, de mettre en place ce projet sans risque de dégrader le climat social, d’accompagner les collaborateurs et de préserver la qualité de service attendue par nos clients.